Histoire

Un lieu empreint d'histoire

une histoire, un lieu, une renaissance

Naissance du Finkwiller

C'est à proximité de la cathédrale de Strasbourg que l'on trouve les premières traces d'un camp militaire romain, Argentoratum, établi sous Auguste vers 12 avant J.-C. Les Germains s'emparent au VIe siècle de la cité romaine, rebaptisée Stradeburgum. À la fin du Xe siècle, l'empereur du Saint Empire romain germanique Othon offre la pleine juridiction sur Strasbourg et ses environs à son évêque, Erckenbald. Désormais, la cité est une ville épiscopale qui devient ville libre d'Empire en 1262 (ce n'est qu'en 1681 que Strasbourg intègre le royaume de France).

Au fil des siècles, le périmètre urbain concentré autour de l'île centrale s'agrandit en englobant les terres alentours, formant les quartiers actuels. Parallèlement, le système défensif évolue : les fortifications se déploient au fur et à mesure que la ville se développe.

Durant la première moitié du XIIIe siècle, une troisième extension se construit sur la rive droite de l'Ill, connue anciennement sous le nom de Finckweiler (hameau de Fink), Sanet-Marx et Sanet-Elisabethenau (près de Saint-Marc et de Sainte-Elisabeth) et de Entenpfühl (mare des canards). L'ensemble compose le Finkwiller, une zone alors marécageuse et peu habitée, principalement par des jardiniers et des pêcheurs, qui est ainsi intégré à la ville en 1251. Son nom fait référence aux nombreux pinsons (Fincken en allemand) qui nichent dans les jardins. L'enceinte dite épiscopale emprunte la rue de la Glacière, se poursuit le long des vieux bâtiments de l'Hôpital Civil et se termine quai des Bateliers. L'accès au quartier Finkwiller se fait soit par la porte Sainte-Catherine, soit par celle de l'Hôpital, soit par celle des Bouchers.

Un passé bien présent

Les constructions du quartier Finkwiller ultérieures aux anciennes forti cations en ont gardé des traces plus ou moins visibles. Par exemple, lors de la création des Haras au milieu du XVIIIe siècle, une portion du mur défensif est partiellement intégrée dans le bâti. Ce vestige du passé, mis en valeur par la récente réhabilitation du site, se laisse admirer rue des Glacières. On retrouve, en outre, une partie de l'escarpe datant environ de 1375 dans le parking souterrain de l'Hôpital Civil ainsi qu'entre la porte de l'Hôpital et la tour pentagonale située place de l'Hôpital. La porte de l'Hôpital (Spitalthor) - qui a remplacé la Bünderthor en 1392- est par ailleurs l'unique porte qui a résisté aux multiples destructions urbanistiques.

Julius Reichelt, astronome et professeur de mathématiques à l'université de Strasbourg, demande l'installation d'un belvédère sur le toit vers 1673. De là, il compte étudier le ciel : il s'agit du premier observatoire astronomique de la ville, en fonction jusqu'en 1825. La porte de l'Hôpital, intégrée dans les vieux bâtiments des Hospices Civils, doit sa survie aux nombreux Strasbourgeois opposés à sa démolition programmée avant l'arrivée du tramway dans ce quartier, en 1886. La majorité des vestiges du mur d'enceinte font l'objet d'une protection au titre des Monuments historiques.

Histoire de la rue Sainte-Elisabeth

Rue Sainte-Elisabeth Strasbourg

La ruelle Sainte-élisabeth est née au Moyen âge, en 1316. En 1341, elle devient la rue Saint-élisabeth – St.Elisabethen- gasse, en alsacien – en référence à un couvent qui était situé en cet endroit : celui des Dominicains, fondé en 1224 et placé sous l'invocation de sainte élisabeth de Hongrie. Les lieux sont ensuite occupés par une communauté de femmes. Implanté à l'extérieur du mur d'enceinte, le couvent offre, en temps de conflit, un contexte stratégique favorable à l'ennemi. C'est pourquoi le Magistrat ordonne sa destruction en 1392. Au cours de l'histoire, cette rue emblématique du quartier Finkwiller change plusieurs fois de dénomination. Elle est rue des Elsbettes au XVe siècle, rue de la Loi en 1793, rue de Salpêtre en 1794. Elle a longtemps débouché sur une porte de l'enceinte médiévale de la ville : la porte Sainte-élisabeth. Construite au début du XIIIe siècle, et constituée de deux tours reliées par un pont, elle per- mettait d'entrer dans la ville par le front sud. A n de faciliter la défense militaire de la cité, mais également pour des raisons économiques, la porte Sainte-élisabeth est détruite en 1658. Depuis 1912, l'extrémité de la rue Sainte-élisabeth débouche sur la Porte Kirschleger qui correspond à l'entrée Ouest de l'Hôpital Civil.

La fondation des Diaconesses :
de la rue du ciel à la rue Sainte-Elisabeth

En 1836, alors qu'il officie au Temple-Neuf à Strasbourg, le pasteur François Haerter a le don de susciter la vocation de ses jeunes ouailles. Cela le conforte dans sa volonté de créer une fondation qui serait le pendant protestant des Sœurs de la charité catholique.

Celles-ci détiennent le monopole des soins dans les Hospices Civils. À terme, en développant les connaissances bibliques de ces « servantes des pauvres », et en leur apprenant des notions de médecine, elles pourraient s'occuper des indigents, des malades mais aussi des personnes abandonnées. Il offre donc à ses recrues un travail autonome dans l'église au sein d'une association, l'Union des Servantes. Ces jeunes filles visitent les pauvres et les malades pour leur apporter des dons collectés. Une dizaine de ces anciennes catéchumènes sera consacrée en 1839 comme diaconesses. Le 31 octobre 1842, François Haerter établit six Sœurs diaconesses dans le cœur historique de la ville : ce sera la première Maison des Diaconesses de Strasbourg.

Le bâtiment se trouve 5 rue du Ciel, entre la rue des Frères et celle des Pucelles, près de la place Saint Etienne. Le pasteur, quant à lui, loge à quelques encablures dans le presbytère de sa paroisse, le Temple-Neuf. Seuls dix malades pouvaient être soignés dans cette maison transformée en petit hôpital. Une partie du bâtiment accueille des enfants qui peuvent bénéficier d'un enseignement dispensé par les Soeurs.

Berceau de l'oeuvre des Diaconesses

À l'origine, conformément à la foi de l'église évangélique apostolique, le but de la Fondation est de former des institutrices pour les enfants pauvres et des garde-malades. Rapidement dépassée par son succès, l'Œuvre est contrainte de déménager dans des locaux plus vastes. L'ancienne maison de l'illustre famille Nithard, qui compte parmis ses ascendents 2 petits fils de Charlemagne, située rue Sainte-élisabeth est ainsi transformée en maison de santé. Les Sœurs s'y installent le 25 mars 1844.

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